Qu’est-ce qui tue les bactéries d’une micro-station ? Les dangers et comment les éviter
Le plus souvent, les bactéries d’une micro-station d’épuration sont détruites par les produits chlorés et les désinfectants, les déboucheurs à la soude caustique, le sel issu de la régénération de l’adoucisseur d’eau, les condensats acides de la chaudière à condensation, les médicaments puissants (antibiotiques, chimiothérapie) et le manque d’oxygène quand le surpresseur est arrêté. Le ménage et les lessives du quotidien, en quantités raisonnables, ne posent généralement pas de problème. Les ennuis commencent quand une substance nocive arrive régulièrement dans l’installation, ou en grande quantité d’un seul coup.
Vous trouverez ci-dessous la liste complète des dangers, la façon de les éviter et les signes qui montrent que les bactéries de votre micro-station s’affaiblissent.
Pourquoi les bactéries sont-elles si importantes ?
Ce sont les bactéries qui épurent les eaux usées. Sans elles, la micro-station n’est qu’une cuve qui rejette dans le sol des eaux usées non traitées.
Dans le décanteur primaire, les bactéries anaérobies décomposent une partie de la matière organique et réduisent le volume de boues. Dans le compartiment d’aération, les bactéries aérobies dégradent le reste des polluants et transforment l’ammoniac toxique en nitrates. Chaque groupe a ses points faibles : certaines ne supportent pas le chlore, d’autres le manque d’oxygène, et les bactéries nitrifiantes sont sensibles à presque tout, du sel à un pH bas.
Qu’est-ce qui tue les bactéries d’une micro-station ? Les plus grands dangers
Les plus grands dangers sont les désinfectants, les déboucheurs corrosifs, le sel, les condensats acides, les médicaments puissants et le manque d’oxygène. Le tableau indique comment ils arrivent dans l’installation et ce que vous pouvez faire.
| Danger | D’où il vient | Que faire |
|---|---|---|
| Chlore et désinfectants | Eau de Javel, gels et blocs WC chlorés, produits antibactériens | Choisissez des produits sans chlore, ne désinfectez pas les toilettes « par précaution » |
| Soude caustique et acides forts | Déboucheurs, produits anticalcaire à l’acide chlorhydrique | Débouchez mécaniquement ou avec une biopréparation |
| Sel | Eau de régénération de l’adoucisseur | Évacuez-la séparément, sans passer par le compartiment biologique |
| Condensats acides | Chaudière à condensation | Installez un neutraliseur de condensats |
| Médicaments puissants | Antibiotiques, chimiothérapie, médicaments non utilisés jetés dans les toilettes | Ne jetez pas de médicaments dans les toilettes et, en cas de traitement long, contrôlez plus souvent les boues |
| Manque d’oxygène | Surpresseur arrêté ou en panne, diffuseurs bouchés | N’arrêtez pas le surpresseur et faites-le entretenir régulièrement |
| Trop de graisse | Huile de friture versée dans l’évier | Récupérez la graisse dans un bocal et jetez-la à la poubelle |
| Solvants, peintures, huiles | Nettoyage des pinceaux, restes de produits chimiques de jardin et d’auto | Déposez-les en déchetterie, avec les déchets dangereux |
Le chlore et les désinfectants
Les désinfectants sont conçus pour tuer les micro-organismes et ne font pas la différence entre les bactéries pathogènes et celles qui travaillent dans la micro-station. Une utilisation ponctuelle d’eau de Javel est généralement diluée dans les eaux usées. Le vrai problème, c’est l’apport continu, par exemple celui d’un bloc chloré placé dans le réservoir de la chasse d’eau, qui libère du chlore à chaque fois que vous tirez la chasse.
Les déboucheurs et les produits anticalcaire
Les déboucheurs à la soude caustique ont un pH d’environ 14 et sont corrosifs. Les produits anticalcaire à l’acide chlorhydrique agissent de façon comparable, à l’autre extrémité de l’échelle de pH. Une forte dose de l’un de ces produits peut perturber l’activité des bactéries pendant un certain temps. Au lieu des produits chimiques, débouchez la canalisation avec une ventouse ou un furet, et utilisez une biopréparation en prévention.
Le sel de l’adoucisseur
Lors de la régénération, l’adoucisseur rejette une saumure concentrée. C’est l’un des dangers les plus sérieux, car il revient régulièrement, toutes les une à deux semaines, et les bactéries nitrifiantes sont très sensibles au sel. La meilleure solution consiste à prévoir une évacuation séparée pour l’eau de régénération, qui contourne le compartiment biologique.
Les condensats de la chaudière gaz
Les condensats d’une chaudière à condensation sont acides, avec un pH généralement compris entre 2,5 et 4,5. S’ils arrivent dans la micro-station sans neutralisation, ils peuvent perturber les processus biologiques du réacteur. Un neutraliseur de condensats représente une petite dépense : il remonte le pH avant que ces condensats ne rejoignent les eaux usées.
Les antibiotiques et autres médicaments puissants
Les antibiotiques puissants et les médicaments de chimiothérapie peuvent affaiblir les bactéries de la micro-station, car une partie du médicament est éliminée dans les urines. Le département de la protection de l’environnement de l’État du Vermont (États-Unis) recommande, pendant une chimiothérapie, de vidanger la cuve plus souvent, en cas de traitement long de contrôler l’état des boues au bout de quelques mois, et d’éviter pendant cette période les produits d’entretien agressifs. Ne jetez jamais de médicaments non utilisés dans les toilettes.
Le manque d’oxygène
Dans une micro-station d’épuration, le surpresseur apporte l’oxygène aux bactéries aérobies. Lorsqu’il est arrêté ou en panne, ces bactéries s’affaiblissent rapidement et des processus de putréfaction, qui n’ont rien à faire là, démarrent dans le compartiment.
Lessive, vaisselle et ménage nuisent-ils aux bactéries ?
Avec un dosage normal, en général non. Ce qui pose problème, ce sont surtout les fortes doses d’un seul coup et les produits chlorés ou antibactériens.
Les lessives du lave-linge et du lave-vaisselle se mélangent au reste des eaux usées et sont fortement diluées. Il vaut tout de même mieux répartir les lessives sur la semaine plutôt que d’enchaîner plusieurs machines le même jour : un grand volume d’eau et de lessive d’un seul coup peut lessiver les boues activées de la micro-station et la surcharger. Choisissez des lessives sans phosphates et sans agent de blanchiment chloré, et des produits d’entretien sans chlore.
Qu’est-ce qui affaiblit encore les bactéries, sans les tuer ?
Les bactéries s’affaiblissent aussi à cause de facteurs qui ne sont pas toxiques mais qui perturbent le fonctionnement de la micro-station : l’absence d’eaux usées, un trop gros volume d’eau d’un coup et les basses températures.
- Une longue absence : sans eaux usées, les bactéries n’ont plus de nourriture et leur nombre diminue.
- Un afflux d’eau important d’un seul coup : par exemple quand l’eau de pluie se retrouve dans le réseau d’eaux usées. L’eau entraîne les bactéries et les boues hors des compartiments.
- Le froid : à basse température, les bactéries travaillent plus lentement, surtout celles qui éliminent l’azote.
- Lingettes, protections hygiéniques, cotons-tiges : ils ne tuent pas les bactéries, mais bouchent les pompes et les canalisations. Les lingettes contenant des agents antibactériens les affaiblissent en plus.
Comment savoir si les bactéries de votre micro-station meurent ?
Les signes les plus fréquents sont l’odeur, une eau trouble en sortie et des boues ou une croûte qui augmentent rapidement :
- une odeur d’œuf pourri (hydrogène sulfuré) autour de la micro-station ;
- une eau trouble et grisâtre en sortie, au lieu d’une eau claire ;
- une croûte épaisse dans le décanteur ou trop de mousse dans le compartiment ;
- des vidanges de boues nécessaires plus souvent qu’avant ;
- un sol humide et affaissé au-dessus de l’épandage, ou une eau qui s’évacue moins bien dans la maison.
Comment relancer les bactéries après un incident ?
D’abord, supprimez la cause, puis laissez du temps aux bactéries. Une biopréparation peut accélérer la reprise, mais elle ne sert à rien si la substance nocive continue d’arriver dans l’installation.
- Trouvez la source : bloc chloré, déboucheur, adoucisseur, condensats, surpresseur arrêté.
- Contrôlez le surpresseur et le décanteur. Si le décanteur est plein, faites appel à un vidangeur.
- Pendant au moins une semaine, ne versez aucun produit chimique agressif.
- Renforcez la population bactérienne. Après un incident ou un long arrêt, vous pouvez ensemencer l’installation avec une dose de bactéries plus importante, puis l’entretenir avec une dose régulière.
Bon à savoir : tous les experts ne recommandent pas l’usage systématique d’additifs bactériens dans une installation qui fonctionne bien. Ils sont surtout utiles après un incident, après l’emploi de produits chimiques agressifs, après un long arrêt et quand la micro-station reçoit en permanence beaucoup de détergents.
Pour la mise en service et la relance après un incident, il existe BioMe Starter Care. Le conditionnement de 300 g se divise en deux doses de 150 g. Chaque dose se dissout dans un seau d’eau tiède (30–40 °C) et se verse dans le décanteur ou dans le compartiment, la seconde deux jours après la première. La semaine suivante, ne versez ni chlore ni soude caustique dans l’installation. Pour l’entretien au quotidien, BioMe Wastewater Solution soutient les bactéries : 20 g une fois par semaine, par les toilettes, pour une micro-station d’environ 3 m³.
Questions fréquentes
Une seule utilisation d’eau de Javel peut-elle détruire la micro-station ?
En général non, car le chlore se dilue dans les eaux usées et réagit vite avec la matière organique. Ce qui nuit, c’est l’usage régulier de produits chlorés, en particulier le bloc placé dans le réservoir de la chasse d’eau, qui libère du chlore à chaque chasse.
Le vinaigre et le bicarbonate nuisent-ils aux bactéries ?
Aux doses utilisées pour le ménage, non. Ils se diluent fortement dans les eaux usées et ne tuent pas les bactéries. Ne confondez pas le bicarbonate de soude avec la soude caustique, qui est corrosive.
Les antibiotiques tuent-ils les bactéries de la micro-station ?
Ils peuvent les affaiblir, surtout les antibiotiques puissants et les médicaments de chimiothérapie. En cas de traitement long, contrôlez plus souvent les boues et évitez pendant cette période les produits chimiques agressifs.
Puis-je arrêter le surpresseur pendant mon absence ?
En général non, sauf si le fabricant de la micro-station prévoit un tel mode de fonctionnement. Sans oxygène, les bactéries aérobies s’affaiblissent vite et, à votre retour, la micro-station aura besoin de temps pour fonctionner de nouveau correctement.
Combien de temps faut-il aux bactéries pour se rétablir après un incident ?
En général quelques semaines, car les bactéries nitrifiantes se développent lentement. La dégradation de la matière organique reprend plus vite, l’élimination de l’azote plus lentement. Une seule condition : la substance nocive ne doit plus arriver dans l’installation.
Sources
- Vermont Department of Environmental Conservation: Onsite Wastewater System Guidelines for Patients Taking Antibiotics or Chemotherapy.




